Une fois passés les traitements lourds, les femmes ayant un cancer hormono dépendant (60 % des cancers du sein) n’en ont pas fini : afin de limiter le risque de récidive, leur est encore prescrit pendant 5 ans de l’hormonothérapie. Et pourtant, certaines la refusent ou l’arrêtent en cours de route. Effets secondaires, atteinte à leur vie de femme, bref, c’est pour elle le traitement de trop. Face à ces rebelles, quel discours du corps médical ?  

En discutant avec des salariés de Aides (l’association de lutte contre le sida), j’ai appris à ma grande surprise que les traitements d’aujourd’hui ne seraient quasiment plus assortis d’effets secondaires. Alors ma question est simple : a quand la fin des effets secondaires pour les chimio ?

Lorsque j’ai récidivé, j’ai émis l’idée que cela pouvait être liée à un gros stress professionnel. Silence. Quel est le lien entre le corps et l’esprit, me direz-vous… Pas prouvé scientifiquement, donc, hypothèse réfutée. A ma première chimio, je n’avais pas perdu tous mes cheveux, grâce au casque mais aussi à l’acupuncture. J’ai fait part de ces petites aiguilles plantées au sommet du crâne qui ralentissent la chute des cheveux. Silence.

La ménopause est un cap pas toujours facile pour une femme, un tournant généralement abordé fin de la quarantaine début de la cinquantaine. Mais les femmes qui subissent une chimiothérapie et/ou une hormonothérapie (traitement limitant le risque de récidive pour les femmes ayant eu un cancer hormono-dépendant), sont souvent confrontées prématurément à l’arrêt des règles.

 

Une interview de Christian Jamin, gynécologue, endocrinologue, président de l’AFACS, l’Association française de l’après cancer du sein