Groupe hospitalier exclusivement dédié à la lutte contre le cancer, réunit les 20 Centres de lutte contre le cancer (CLCC). Les CLCC assurent une triple mission de soins, recherche et formation dans le domaine de la cancérologie.
Atteint d’un lymphome de Hodgkin à l’âge de 20 ans, Mathieu a dû, pour protéger sa fertilité, donner son sperme dans l’un des sites du CECOS (1). Une expérience déroutante dans le parcours de soins. Témoignage.

« J’étais un adolescent en pleine forme et très investi dans mes études. Et puis, un jour, une fatigue inhabituelle a commencé à s’installer. J’étais constamment épuisé et j’ai commencé à avoir des malaises. Mon médecin m’a demandé de faire une prise de sang, puis une radio du thorax sur laquelle apparaissait une masse sombre. J’ai donc été hospitalisé. Quelques jours après, le couperet est tombé : Maladie de Hodgkin. Un médecin est entré dans ma chambre et m’a fait une palpation des testicules. Il s’est mis à me parler du CECOS. Je ne savais pas du tout ce que c’était. Il m’a alors expliqué qu’avec les traitements que j’allais subir, je devais faire un don de sperme si je voulais être sûr de pouvoir avoir des enfants plus tard. C’était obligatoire, m’a-t-il dit. Comme le don de sperme ne se pratiquait pas dans l’établissement où j’étais hospitalisé, je me suis rendu en ambulance dans un autre hôpital. Là, on m’a dirigé vers un couloir situé en sous-sol. Dans la pièce, toutes sortes de personnes attendaient. Des hommes bien sûr, plus ou moins jeunes, mais aussi des femmes. Quand ce fut mon tour d’être appelé, on m’a emmené dans une petite chambre meublée d’un lit. A ma disposition, quelques magazines porno. J’avais été hospitalisé pendant toute une semaine. J’étais épuisé, la libido à zéro. Le contexte n’aidait pas : les magazines n’étaient pas si excitants que cela, j’entendais le bruit des machines de l’hôpital dans la pièce à côté, je trouvais tout cela assez glauque. Tant bien que mal, j’ai réussi à remplir le flacon. Ensuite, on m’a donné un document. C’était mon contrat de conservation de sperme. J’ai fait un deuxième don 48 heures après. Cette fois-ci, les conditions étaient encore plus difficiles car l’après-midi, je devais subir ma première séance de chimiothérapie et cela me stressait beaucoup. A 20 ans, la sexualité est un sujet délicat : on est très pudique. C’est d’autant plus vrai pour les très jeunes garçons. Je n’étais pas serein face à cette démarche et trouvais même que c’était un peu angoissant. Quand j’ai appris ma maladie, la priorité, c’était de survivre. Je ne pensais pas du tout à une potentielle descendance, étant bien incapable de me projeter dans l’avenir. Je me suis senti seul, pas vraiment accompagné par le corps médical. C’est un peu court comme explication. Heureusement, j’ai pu compter sur le soutien de ma famille avec laquelle j’ai pu librement parler, la sexualité n’étant pas un sujet tabou chez nous. Mais tout le monde n’a pas cette chance et c’est un événement qui peut être vécu brutalement pour un jeune malade. Aujourd’hui, je vais bien. Je suis très investi dans ma vie professionnelle. Je suis célibataire et n’ai pas de projet d’enfant dans l’immédiat. On verra plus tard. Avec le recul, je trouve que c’est une bonne chose d’avoir eu la possibilité de conserver son sperme mais sur le moment, cette étape rajoute vraiment un stress supplémentaire à celui de la maladie. »
Propos recueillis par Nathalie FERRON
(1) Centres d’Etudes et de Conservation des Œufs et du Sperme (CECOS)
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Publié dans : Les Chambres > Les enfants et les ados
Tags : Maladie De Hodgkin, Don De Sperme, Conservation Du Sperme, Chimiothérapie, Cecos, Cancer
Publié le 19/03/2012 à 7h15 - Dernière modification le 21/03/2012 à 11h28
Commentaires : (2)

Mon époux a eu un cancer du testicule en octobre 1998.Il avait 27 ans et nous avions une petite fille de 18 mois.C'était donc un jeune papa malade. Lorsque il y a eu suspicion de cancer, avant l'ablation du testicule, il est passé par la case CECOS.Cette première fois fut catastrophique car réalisée dans l'urgence 24 h après une écho douteuse,à plus de deux heures de route de chez nous;moi, je gardais ma "petite" car nous venions juste d'arriver dans une région de Province et nous étions seuls. Après les résultats de la biopsie , mauvais , il lui a fallu entreprendre des chimiothérapies.Les résultats de ce premier don l'ont accablé presque autant que la confirmation du cancer!Il voulait fonder une grande famille et cela était compromis . Moi, je ne songeais qu'à sa guérison.Néanmoins pour le deuxième don de sperme (quatre en tout avant le début des chimios)je l'ai accompagné.Ce don fut un peu meilleur...et ensuite deux autres ont suivi. Les chimios de cisplatine et le curage de ganglions ont effectivement rendu mon mari infertile de manière définitive et c'est grâce aux paillettes de ce second don que notre deuxième fille est née en 2003 par FIV ICSI. Nous n'avions que 4 petites tentatives rembousées .Après des echecs, cela a fonctionné!Pour les jeunes adultes ,c'est effectivement "raide"comme démarche;on ne se projette pas ou peu.J'espère t'avoir conforté sur la nécessité absolue de proposer le don aux jeunes en âge de procréer même si cela est réalisé dans l'urgence et la confusion.j'espère te porter chance pour la suite car avoir des enfants est selon moi un des plus grands bonheurs de l'existence.
J'ai témoigné sur ce sujet dans la rubrique"chambre":traitement et fertilité" et"les hommes et la fertilité" car c'est encore un sujet dont on parle peu.
Soleil08
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Bonjour,
Je m'apelle Flore et j'ai 23 ans. J'ai appris que j'étais atteinte de la maladie de Hodgkin à 21 ans. J'ai eu le droit à une première série de chimio de 16 séances puis à une récidive un mois plus tard.
Je voudrais réagir au témoignage de cet homme qui a eu la maladie de Hodgkin parceque j'ai été dans son cas.
Personnellement j'ai du subir une auto greffe de moelle osseuse. Mais cette étape n'est que celle finale. D'abord on m'a prélévé des cellules souches présentes dans la moelle osseuse afin de me les réinjecter le moment venu. Puis j'ai subit une auto conservation ovarienne. Ce qui revient au même que ce monsieur, à part que moi j'ai été opéré pour que l'on me préléve un bout d'ovaires. Cette démarche permet de pouvoir avoir des enfants malgré l'arrêt d'activité de mon système reproducteur. Heureusement pour moi je n'aurais surement pas besoin de ce petit bout d'ovaires pour avoir des enfants car étant très jeune pour une Maladie de Hodgkin, mon système reproductif s'est très bien remis.
Je voudrais aussi mettre un bémol sur sa réaction concernant l'information que vous procure le corps médical. Personnellement j'ai été extrêmement bien informé sur le déroulement de l'opération, le contenu du prélévement, son sytème de conservation et de réinjection éventuelle.