A l’annonce d’un cancer, il est une priorité à laquelle on ne pense pas toujours. Il s’agit de préserver ses chances de procréer un jour. Car cancer et fertilité ne font pas bon ménage. Certains cancers (comme celui des testicules chez l’homme ou de l’utérus chez la femme) perturbent la production de spermatozoïdes ou d’ovules féminins. Par ailleurs, les traitements peuvent conduirent à une infertilité temporaire voire définitive. Une solution simple existe pour l’homme : la congélation de son sperme.

La chimiothérapie peut conduire à une infertilité temporaire et au pire définitive, chez l’homme comme chez la femme. Et la radiothérapie ne fait pas mieux. Une étude (Bull Cancer 2008 ; cancer du sein et fertilité : revue critique, réflexions et perspectives) envisage même que l’on sous-estime actuellement les conséquences des chimiothérapies sur la fertilité, faute de critères de jugement adéquats.

Et pourtant, il s’avère que des patients sont encore mal informés et que certains, confrontés à une infertilité, le déplorent à posteriori. Un manque d’information d’autant plus regrettable que de nombreuses techniques médicales permettent aujourd’hui de préserver les chances d’avoir un enfant à l’issue des traitements.

 En passer par la congelation du sperme

Pour un homme, il s’agit malgré le stress de l’annonce et des prochains traitements en vue, de penser impérativement à congeler son sperme. Pour se faire, direction les CECOS (liste ci-dessous). Le recueil de spermatozoïdes (1 à 3 éjaculats) est congelé, après un contrôle de la qualité des paillettes par le laboratoire. Car tous les spermes ne supportent pas forcément bien la congélation (environ 15%). La qualité est de même vérifiée car la maladie peut déjà avoir altéré la qualité du sperme, avant même le traitement médicamenteux. En effet, la mobilité du sperme, indispensable pour la fécondation, peut être atteinte.

Dans le meilleur des cas, on peut congeler une centaine de paillettes (parfois seulement 30 à 50), chacune d’elles contenant entre trois et quatre millions de spermatozoïdes (parfois moins d’un million si altération). Largement assez en tout cas pour pouvoir avoir plusieurs enfants après un traitement pour le cancer, par PMA (Procréation médicalement assistée). Cette congélation à moins 196° peut durer une dizaine d’années, voire plus, sans altération de résultat, puisque ce froid extrême préserve la vitalité cellulaire. Le Centre de Strasbourg a même obtenu une grossesse après 17 ans de conservation. Chaque année, ensuite, il est demandé au patient de confirmer la poursuite de la conservation. La conservation est prise en charge par la Sécurité Sociale pour les cas liés au cancer.

Une démarche a priori simple mais encore faut-il que les médecins y pensent. Certains donnent la priorité à la maladie et omettent de prendre en considération les futurs enfants du patient. Par ailleurs, la question est plus délicate encore lorsqu'il s'agit d'un adolescent malade: pas facile d’expliquer à un jeune garçon et à ses parents qu’il doit aller prélever son sperme pour …beaucoup plus tard.

Isabelle Forcinal

25 CECOS BIEN REPARTIS DANS TOUTE LA FRANCE

Attention, tous les Centres d’Etude et de Conservation des œufs et du sperme humainsn’ont pas exactement les mêmes missions, mais tous pratiquent l’autoconservation de spermatozoïdes.

CECOS Picardie (CHU d’AMIENS) Tél. : 03 22 53 36 77

CECOS Franche Comté- Bourgogne (CHU Besançon) Tél. : 03 81 21 80 21

CECOS Aquitaine (CHU Bordeaux) Tél. : 05 56 79 54 31

CECOS Caen (CHU Caen) Tél.: 02 31 06 45 06

CECOS Auvergne (CHU Clermond-Ferrand) Tél. : 04 73 75 02 30

CECOS Franche Comté- Bourgogne (CHU Dijon) Tél. : 03 80 29 51 01

CECOS Grenoble (CHU Grenoble) Tél. : 04 76 76 53 60

CECOS Nord (CHU Lille) Tél. : 03 20 57 87 54

CECOS Lyon (CHU Lyon) Tél. : 04 78 77 71 89

CECOS Marseille (CHU Marseille) Tél. : 04 91 38 29 00

CECOS Marseille IMR (IMR Marseille) Tél. : 04 91 76 79 10

CECOS Montpellier (CHU Montpellier) Tél. : 04 67 33 62 99

CECOS Nancy (CHU Nancy) Tél. : 03 83 34 43 09

CECOS Nantes (CHU Nantes HME) Tél.: 02 40 08 32 33

CECOS Nice (CHU Nice) Tél.: 04 92 03 64 30

CECOS Paris-Cochin (CHU Paris-Cochin) Tél.: 01 58 41 15 64

CECOS Paris-Necker (CHU Paris-Necker) Tél.: 01 44 49 46 52

CECOS Paris –Tenon (CHU Paris-Tenon) Tél. : 01 56 01 78 01

CECOS Champagne-Ardennes (CHU Reims) Tél. : 03 26 78 85 84

CECOS de l’Ouest (CHU Rennes) Tél. : 02 99 63 13 11

CECOS Haute-Normandie (CHU Rouen) Tél. : 02 32 88 82 26

CECOS Alsace (CHU Strasbourg) Tél. : 03 88 62 84 46

CECOS Midi-Pyrenées-Toulouse (CHU Toulouse) Tél. : 05 61 77 10 50

IFREARES-Toulouse Tél. : 05 62 71 85 70

CECOS région Centre Ouest (CHU Tours) Tél. : 02 47 47 88 97

Commentaires : (3)

Portrait de sebastien8854

Bonjour,
Effectivement très beau témoignage. Il faut être perseverant et positivé.
A 29 ans, il y a 4 ans, J'ai moi même été victime d'un cancer du testicule, heureusement pour moi il était centralisé au coeur du testicule et n'avait pas encore atteint l'enveloppe. Du moins c'est ce que j'ai compris. Il s'agissait d'un séminome pur.
J'ai eu droit a une seance de chimio après mettre fait retirer le testicule droit. Bien sûr j'ai fait egalement une congelation, mais je n'en ai pas eu besoin car je suis l'heureux papa d'une petite fille de 5 mois, que j'ai eu de façon naturelle.
Voila mon histoire. C'était juste pour dire qu'il faut se battre et toujours y croire.
Felicitation a soleil.

Portrait de cerOnac

et c'est une belle histoire... porteuse d'espoir, pour tous ceux qui traversent ce cancer-là... et une belle récompense pour vous ! Merci pour ce témoignage.

cerOnac
"On ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible avec les yeux"
"On peut construire quelque chose de beau avec les pierres du chemin"
"On a deux vies, la seconde commence quand on prend conscience qu'on en a qu'une"

Portrait de soleil

La chimiothérapie pour le cancer du testicule de mon mari en 1998 l'ont rendu "infertile" de manière définitive.Les médecins lui ont fait donner quatre fois son sperme au Cecos ,quatre prélèvements de sperme très mauvais.Nous avons été tout les deux bien informés du risque grand d'infertilité mais au regard du risque d'anéjaculation lié au curage ganglionnaire(déjà évoqué dans un autre commentaire) cela nous a semblé peu de choses.Début 2001 alors qu'il n'était qu'en rémission nous pensions déjà à procréer(déjà une fille de 4 ans née avant le cancer) au grand étonnement de certains médecins.Notre détermination a payé :après deux tentatives infructueuses, de fiv par micro-injection,la troisième fut la bonne!.Une petite fille, une petite soeur,en septembre 2003.Nous y avons toujours cru même si dansle même temps nous avons obtenu notre agrément pour adopter à l'étranger car nos chances de réussite étaient limitées:seulement quatre F.I.v avec micro-injection remboursées(au -delà non remboursées).Nous sommes devenus parents une seconde fois grâce à la conservation et aux médecins.C'est un formidable pied de nez à cette maladie..