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L’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) a rendu le 15 octobre son avis sur les expositions aux radiofréquences. Deux grands enseignements sont à en tirer : à ce jour, il n’existe pas de preuve suffisante pour montrer le caractère nuisible des radiofréquences sur la santé; néanmoins, un certain nombre d’études expérimentales mettent en avant des effets sur les fonctions cellulaires.

Pour l’agence, il faut donc agir dès à présent et réduire l’exposition du public à ces ondes. Ce pas de deux auquel semble se livrer l’Afsset s’explique avant tout par la difficulté à trouver des études « objectives » dans ce domaine. Un exemple avec les fréquences supérieures à 400MHz auxquelles sont exposés les utilisateurs de téléphone portable : sur 44 études réalisées sur l’être humain, 20 montrent des effets, 24 n’en constatent pas. Mais parmi les premières, seules quatre ont suivi des protocoles rigoureux et deux ont été réalisées dans des conditions d’expositions « parfaitement caractérisées. » Parmi les secondes, 17 ont suivi des protocoles rigoureux mais trois ou quatre seulement dans des conditions d’exposition parfaitement caractérisées.
Que croire ? La nature même de l’objet d’études rend les travaux compliqués. Comme l’écrit l’Afsset, « les expériences visant à rechercher les effets des radiofréquences sont justement construites de manière à mettre en évidence des effets très faibles et s’appuient donc sur les variations de systèmes biologiques très sensibles susceptibles d’être modifiés au moindre biais, si toutes les précautions ne sont pas mises en oeuvre. » Concernant les expositions prolongées, là encore, on manque cruellement de données, faute de recul suffisant.
Une des premières recommandations de l’Afsset est d’ailleurs de développer la recherche sur ces sujets. Faut-il pour autant attendre le résultat de ces futurs travaux pour agir ? Certaines études pointent une augmentation de risque de gliome (tumeur cérébrale) dans le cas des expositions de plus de dix ans. D’autre part, une dizaine d’études expérimentales jugées « incontestables » par l’agence mettent en évidence des effets des ondes sur les fonctions cellulaires. Ces signaux sanitaires sont suffisants pour que l’Afsset recommande de réduire le niveau d’exposition du public, notamment des enfants. De quoi satisfaire des associations qui se félicitent d’un avis "courageux".
Car la prise de position de l’Afsset était attendue de pied ferme par les participants du "Grenelle des Ondes", industriels comme associations. Difficile en effet d’ignorer les enjeux économiques qui entourent cette bataille des études. La prudence de l’avis permettra sûrement à chaque partie de trouver de quoi alimenter ses positions. L'agence a ainsi adopté un point de vue très modéré sur les risques éventuels encourus par les riverains lors de l'implantation d'antennes relais, qui cristallisent les critiques des associations.
Reste le principe de précaution qui permet à l’agence de faire quelques préconisations concrètes pour réduire l’exposition aux radiofréquences. L’Afsset met ainsi en garde contre les patchs anti-ondes, sprays et autres compensateurs d’ondes, à l’efficacité non prouvée, et appelle de ses vœux l’utilisation de téléphones mobiles moins exposants. Il s’agirait par exemple de faire clairement apparaître l’indice DAS, indice de débit d’absorption spécifique. L’agence plaide également pour une cartographie et une surveillance des territoires soumis à des radiofréquences plus élevées que la moyenne. Des mesures qui devraient être prises par le comité de suivi mis en place le 16 octobre. En attendant de nouvelles études…
Pour en savoir plus :
Claire Aubé, claire.aube@la-maison-du-cancer.com
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Publié dans : Le jardin > Environnement
Tags : Radiofréquences, Ondes, Afsset
Publié le 20/10/2009 à 5h05 - Dernière modification le 17/06/2011 à 1h03
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