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Bouffées de chaleur, suées nocturnes, troubles de l’humeur…Comment vivre au mieux la ménopause quand celle-ci est imposée de manière artificielle, ou quand tout THS (Traitement Hormonal de Substitution) est contre-indiqué ? Voici un panel d’alternatives. A tenter parce qu'elles ne sont pas nocives, mais leur efficacité au cas par cas reste à prouver.
Si vous faites partie des femmes concernées par un cancer gynécologique hormono-dépendant (sein, endocol, endomètre, ovaire), vous ne pouvez bénéficier du traitement hormonal de substitution (THS) couramment prescrit à d’autres pour compenser les déséquilibres hormonaux de la ménopause. Toutefois, des solutions existent.
Phytothérapie
Le Dr Bérengère Arnal est médecin gynécologue et phytothérapeute à Bordeaux (1). Elle a mis au point un programme de plantes à même de remplacer le traitement hormonal substitutif : le TPHM (traitement phyto-hormonal de ménopause). « La phytothérapie hormonale physiologique associe des plantes ostrognéo-mimétiques (phyto-oestrogènes) et des plantes progestérono-mimétiques (phyto-progestagènes) », explique t-elle. Toutefois, en cas d’antécédent de cancer hormono-dépendant, on évitera d’avoir recours à des phyto-oestrogènes, même à travers des plantes. «A la place, je recommande à ces femmes de prendre un complexe sans hormone comme Mamopause© qui comprend des antioxydants, du magnésium, du sélénium, de la vitamine B6, de la mélisse, de la reine des prés... Si cela ne suffit pas à pallier les désagréments de la ménopause, on peut s’aider de plantes progestérono-mimétiques à base de gattilier, d’achillée, de mélisse et de verveine officinale », poursuit le Dr Bérengère Arnal qui adapte le traitement en fonction de l’état clinique de chaque patiente.
En phytothérapie, de nombreuses plantes peuvent également aider à passer le cap de la ménopause en douceur. Si la sauge est contre-indiquée pour les femmes à risque de cancer, la vigne rouge est sans risque et ses vertus sont bien connues pour les bouffées de chaleur et la circulation. L’angélique et l’aubépine font aussi partie des plantes qui aideront à retrouver un équilibre nerveux et un bon sommeil. Ainsi, le Dr Bérengère Arnal recommande une tisane contre les bouffées de chaleur et spécifique aux femmes à risque de cancer. Celle-ci se compose de Bourse à pasteur (plante), vigne rouge (feuille), hamamélis (feuille), achillée millefeuille (plante), aubépine (sommités fleuries)
A noter : les huiles essentielles de bourrache et de cyprès sont particulièrement intéressantes contre la sécheresse vaginale. « Je recommande également l’huile de millepertuis, très efficace et peu onéreuse (10 € le flacon pour six mois) », ajoute le Dr Bérengère Arnal. Sachez aussi qu’il existe aujourd’hui de nombreux gels locaux sans hormones efficaces contre la sécheresse vaginale (replens©, geliofil©, mucogyne©, erygine©, etc.) ainsi que des poires vaginales à insérer juste avant les rapports sexuels.
Compléments alimentaires
Du côté des oligo-élements, une supplémentation en magnésium, calcium, sélénium, cuivre et zinc (après vérification du dosage sanguin) peut s’avérer particulièrement pertinente pour conserver un équilibre nerveux et éviter la sécheresse de la peau. Si vous vous sentez fatiguée, des ampoules de cobalt et de manganèse pourront vous aider. Pensez également à faire une cure de ginseng ou de gelée royale.
De récentes études ont également montré les bienfaits des Omega 3 sur les bouffées de chaleur et l’équilibre psychique (3). Si vous ne voulez pas prendre de gélules, pensez à manger des poissons gras (sardines, maquereaux, saumon…) 2 à 3 fois par semaine pour optimiser les apports dans l’alimentation.
Du coté des contre-indications, rappelons que la consommation d’isoflavones de soja est déconseillée en cas d’antécédent de cancer. A table, le soja n’est pas interdit à condition qu’il s’intègre dans une alimentation variée et équilibrée. Attention aussi aux supplémentations en vitamine B12 ! « Cette vitamine a une action sur la multiplication des cellules. Par prudence, j’évite d’en prescrire aux patientes à risque », précise le Dr Bérengère Arnal.
En homéopathie, les femmes à risque éviteront les traitements hormonaux (Folliculinum et Luteinum) mais trouveront une palette de remèdes homéopathiques personnalisés contre l’anxiété, la transpiration excessive ou la sécheresse vaginale. A titre d’exemple, Lachesis et Sepia sont deux remèdes très souvent utilisés contre les bouffées de chaleur et les troubles de l’humeur. Pour bénéficier d’un traitement adapté, sachez que même si les granules d’homéopathie sont en vente libre, rien ne remplace une consultation chez un homéopathe.
L’acupuncture est également particulièrement indiquée pour soulager les désagréments de la ménopause. Une étude récente réalisée sur 53 femmes ménopausées, à raison de 2 séances hebdomadaires pendant 10 semaines, a notamment montré les bienfaits de la médecine chinoise sur les bouffées de chaleur. (2)
Hygiène de vie : Les bouffées de chaleur ayant tendance à se produire après un stress, il est important d’apprendre à réduire les facteurs stressants et d’adopter une bonne hygiène de vie. Limitez au maximum ou éliminez l’alcool, les épices et la caféine qui favorisent les bouffées de chaleur. Privilégiez une alimentation riche en fibres, en fruits et légumes et limitez votre consommation de viande au profit des protéines végétales ou du poisson.
Activité physique régulière : Prenez l’habitude d’exercer une activité physique régulière couplée à une pratique relaxante comme le qi gong, le tai chi ou la sophrologie, par exemple. Sachez qu’il existe une méthode de yoga spécifiquement destinée aux femmes de plus de 40 ans. En effet, le yoga des hormones a été mis au point il y a une vingtaine d’années par Dinah Rodrigues, professeur de yoga et thérapeute brésilienne (4). Il vise à faire face aux déséquilibres hormonaux engendrés par la ménopause. Cette thérapeute a sélectionné une série de postures s’inspirant de trois styles de yoga : hatha yoga, kundalini yoga et yoga de l’énergie. Les postures rééquilibrent les glandes responsables des sécrétions hormonales (ovaires, thyroïde et hypophyse). Pratiqué à raison de trois fois par semaine, ce yoga permet de soulager, voire d’éliminer les symptômes de la ménopause et de conserver un bon équilibre psychique.
Nathalie Ferron
(1) Le Dr Bérengère Arnal est l’auteur de plusieurs ouvrages dont : « La ménopause », éditions Privat, 2003 et « Les meilleures tisanes santé », éditions Rustica, 2007.
(3) Lucas M, Dodin S, et al, « Ethyl-eicosapentaenoic acid for the treatment of psychological distress and depressive symptoms in middle-aged women: a double-blind, placebo-controlled, randomized clinical trial », American Journal of Clinical Nutrition, février 2009, 89(2):641-51
Lucas M, Dodin S, et al, « Effects of ethyl-eicosapentaenoic acid omega-3 fatty acid supplementation on hot flashes and quality of life among middle-aged women: a double-blind, placebo-controlled, randomized clinical trial », Menopause, 2008 Nov 20
(4) Dinah Rodrigues et Marie-Béatrice Jehl « Bien vivre sa ménopause avec le yoga », Editions Medicis, 2006.
A lire aussi :
Dr Serge Rafal « La ménopause au naturel », Marabout, 2011.
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Publié dans : La Salle de soins > Soins complémentaires
Tags : Sport, Phytothérapie, Ménopause, Homéopathie, Cancers Hormono-dépendants, Acupuncture
Publié le 26/06/2012 à 2h57 - Dernière modification le 27/06/2012 à 8h09
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