Le cancer est l’une des affections qui font le plus peur aujourd’hui, mais sait-on seulement ce qui se cache derrière ces six lettres ? Comment cette maladie affecte-t-elle réellement le corps? Au-delà des fantasmes ou des descriptions médicales dépassées, certains mécanismes physiologiques très précis sont impliqués dans ce trouble. Les voici, expliqués à partir des questions les plus fréquentes sur le cancer.

 

 cellules cancer

 

1 • Les cancers, qu’est-ce que c’est ?

Ce sont des familles de cellules qui se mettent à proliférer d’abord localement, puis dans les tissus voisins et à distance. Selon leur origine – tissus mous, squelettes, lignées sanguines – les cancers entrainent des symptômes et des complications très différentes. Il n’y a donc pas un, mais de multiples cancers d’évolution et de pronostic variables.

 

2• Comment naît une cellule cancéreuse ?

C’est une lointaine «descendante» d’une cellule normale. Elle est donc produite par notre propre organisme. Mais comparativement à sa cellule mère, elle a subi des altérations de son matériel génétique, soit par des virus, soit par des substances naturelles ou chimiques et/ou des rayonnements ultraviolets, bref, par toutes sortes d’agresseurs ou d’irritants que l’on trouve couramment dans notre environnement (alimentation comprise). Beaucoup plus rarement, l’altération du matériel génétique est d’origine héréditaire et non accidentelle : dans ce cas, l’ensemble d’une famille peut être touché.

 

3 • En quoi la cellule cancéreuse est-elle différente d’une cellule normale ?

Comme son matériel génétique est endommagé, elle ne se comporte plus tout à fait comme une autre cellule. Elle se multiplie et donne naissance à des filles qui lui ressemblent, même si elle n’en reçoit pas l’ordre. Et elle refuse de se suicider alors que toute cellule normale est programmée pour cela. De fait, elle finit par former une immense famille.

 

4 • Que devient cette famille de cellules défectueuses ?

Elle se multiplie de façon anarchique et travaille pour son propre compte. Elle réquisitionne tout ce qui est nécessaire à sa croissance, à commencer par les vaisseaux sanguins voisins pour s’approvisionner en oxygène et en nutriments. Si elle y parvient, apparaît alors un micro cancer qui peut finir par grossir. 

 

5 • Tout le monde est-il concerné ?

Oui, tout le monde produit des cellules défectueuses et tout le monde en produit tous les jours. Mais dans la très grande majorité des cas, notre système immunitaire les repère illico et les élimine avant qu’elles ne fondent une famille. Ainsi, nous échappons tous en permanence à ce qui aurait pu devenir  de multiples cancers et c’est pourquoi nous devons garder confiance en notre système immunitaire en toute circonstance : la règle, ce n’est pas qu’il soit battu. La règle et de très loin, c’est qu’il gagne !

 

6 • Pourquoi certains cancers apparaissent-ils malgré tout ?

Aussi performant soit notre système immunitaire, il lui arrive de se faire berner par ces cellules défectueuses, faute de se rendre compte qu’elles sont anormales. Ne les reconnaissant pas comme dangereuses, il ne les élimine pas … 

 

7 • Comment des cellules arrivent-elles à tromper le système immunitaire ?

Elles peuvent échapper à sa vigilance grâce à une stratégie de diversion. Par exemple, elles peuvent provoquer une inflammation des tissus, histoire d’attirer ailleurs les cellules de défenses de l’organisme. Elles peuvent aussi profiter d’une inflammation déjà existante pour proliférer en toute tranquillité ! C’est pourquoi tout ce qui favorise l’inflammation chronique dans notre organisme (à commencer par le tabagisme) permet indirectement à des cellules défectueuses de proliférer sans être inquiétées …

 

8 • Une fois cancéreuses, ces cellules sont-elles immortelles ?

Non, car elles ont plusieurs points sensibles. Premier d’entre eux : leur approvisionnement (vital) en oxygène et en nutriments. Si on arrive à leur couper les vivres - ce dont sont capables certains médicaments - elles redeviennent vulnérables ! Second point : leur «camouflage». Tant que le système immunitaire ne s’aperçoit pas qu’il s’agit de cellules défectueuses, elles peuvent proliférer en paix. Mais si l’on s’arrange pour démasquer des récepteurs qu’elles sont les seules à avoir - et que les cellules normales ne présentent pas - il est alors possible d’envoyer des armes (médicaments) dirigées spécifiquement contre ces récepteurs pour les tuer : c’est le rôle des thérapies ciblées. Ou encore, de pousser notre système immunitaire à reconnaître ces récepteurs comme indésirables : c’est l’un des objectifs des vaccins thérapeutiques.

 

9 • Eliminer toutes ces cellules cancéreuses, c’est faisable ?

Oui, mais seuls quelques traitements sont aujourd’hui capables de nettoyer le corps de la totalité de ses cellules cancéreuses, jusqu’à la dernière. Pour autant, ce que l’on veut, c’est renverser le rapport de force entre système immunitaire et cellules cancéreuses. A partir du moment où nos globules blancs redeviennent les plus forts et peuvent éliminer les cellules cancéreuses ayant survécu au traitement, c’est gagné. Car moins il y a de cellules cancéreuses résiduelles échappant à sa vigilance et plus les risques que ces cellules cancéreuses s’installent à distance, dans d’autres tissus (métastases), diminuent. Cela limite aussi évidemment, les risques que ces cellules prolifèrent à nouveau au même endroit, après plusieurs années de tranquillité (récidive).

 

10 • Finalement, à notre niveau, peut-on aussi agir ?

Pour espérer rétablir l’équilibre entre la production (inéluctable) de cellules défectueuses par l’organisme et leur destruction par nos cellules de défense, on doit simultanément affaiblir la tumeur - ce qui est le rôle des traitements proposés par les oncologues, comme les médicaments, la chirurgie et/ou la radiothérapie - mais aussi améliorer les moyens de défense de notre organisme. Et comme notre hygiène de vie, notre mental, notre aptitude à résister au stress, etc. peuvent avoir une influence sur l’efficacité de notre système immunitaire, tout ce que l’on peut faire de notre côté pour vivre plus sainement, est alors un «plus». 

 

Nathalie Szapiro-Manoukian

 

Sources

 • “Prévenir : cancers, Alzheimer, infarctus et vivre en forme plus longtemps” par les Dr P. Presles et C. Solano, éd. Livre de Poche 2007.

• Institut National du Cancer : www.e-cancer.fr.

• «Anticancer» par David Servan Schreiber, éd. Robert Laffont, 2010.

 

 

 

 

Commentaires : (2)

Portrait de sitelle

Tu la trouves belle? Tu vois bien que ce sont des méduses qui ont muté!

Marie-Claude.

Portrait de Mélilotus

La photo est très belle. Pouvez-vous la légender ?