L’association a pour but de contribuer à la reconstruction identitaire des femmes atteintes d’un cancer, en particulier d’un cancer du sein, grâce à un partage d’expérience, et par la diffusion de tout type d'informations
« Je suis une personne, pas un cancer ». Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, c’est la nouvelle accroche d’une campagne tout juste lancée par l’Institut national du cancer (l’Inca).


Sont mis en scène des malades et des ex-malades, prénommés « Cancer » dans le texte. « A chaque fois que je me retrouve devant CANCER, je ne sais pas quoi lui dire », dit un panneau, quand l’autre (panneau) lui répond : « je suis une personne, pas un cancer ». A travers cet affichage et les spots télé, l’Inca pointe le changement de comportement de tout un chacun vis-à-vis des malades, leur gêne, leur malaise sinon leur rejet. Pour certains, cette campagne d’affichage est un peu confuse. En effet, elle n’est claire que si les deux panneaux sont cote à cote, ce qui n’est pas toujours le cas. D’autres la ressentent comme discriminatoire. « En effet, dites à quelqu’un « ne pense pas à un éléphant rose ! » et justement, parce que vous lui en parlez, il y pensera !, estime une malade. Je crains que cette campagne ne provoque l’effet non-voulu, en insistant sur l’aspect identitaire du cancer. Quand j’ai vu les premières affiches, j’ai pensé « ah bon, les autres me prennent pour un cancer ? ». Pourtant, jusque là, je voyais surtout la peur de la maladie dans les yeux de mes interlocuteurs, pas la négation de mon identité ».
Quelles que soient ses imperfections, je la trouve, pour ma part, juste sur le fond. Qui d’entre nous, malades, n’avons pas ressenti l’inconfort des autres, leur manque de naturel ? Le trop d’empathie, le « on fait comme si on ne savait pas », les phrases maladroites, etc… Bref, c’est un peu comme si l’on nous voyait en permanence à travers un filtre. Nous sommes la personne qui est malade, en un mot le cancer incarné. Certains d’entre nous vont tout faire pour faire voler en éclat ce prisme, rappeler à toute force qui ils sont vraiment. Pour que l’interlocuteur « déchausse » enfin ses lunettes, afin qu’il nous voit tel que nous sommes. Question de caractère.
Alors oui, toute campagne qui milite pour le changement de regard de la société vis-à-vis de nous, est bonne à prendre. Reste un problème de taille… que nulle publicité ne pourra jamais effacer. Nous, comment nous voyons nous nous-mêmes ? Plus le cancer s’est incrusté dans nos vies –récidives, traitements au long cours, effets secondaires – plus il est difficile de ne pas faire corps avec lui. Et de nous penser à travers lui. Comment faire autrement quand il est un peu comme un chewing gum collé à nos semelles. Difficile de faire un pas sans en ressentir toute la présence poisseuse. Il entache tous les actes ou presque de nos vies et devient un réflexe qui s’impose à nous. Travailler, manger, sortir, etc… De quoi suis-je capable à cet instant ? Est-ce que je ne devrais pas éviter tel ou tel aliment, telle sortie pour ménager mes forces ? Quant à faire de nouvelles rencontres… Comment vais-je me présenter, éviter le sujet ou non ? C’est un facteur hélas tellement identitaire.
Avec le temps, si les stigmates de la maladie s’effacent, si le risque de rechute s’éloigne, ce filtre s’efface peu à peu. Nous réendossons progressivement notre vraie identité, celle d’une personne libre de toute pathologie. Mais au cœur de la maladie, de sa chronicité, comment faire pour se souvenir que l’on est « une personne, pas un cancer » ? Cela demande un effort intense. Alors s’il est vrai que nous demandons ardemment aux autres de changer leur regard sur nous, il faut aussi que nous réussissions la prouesse de changer de regard sur nous-mêmes.
Anne-Laurence Fitère
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Publié dans : La salle d'infos > Tribune
Tags : Malades, Inca, Identité, Cancer, Campagne Publicitaire, Affiches, Actualités
Publié le 26/05/2011 à 10h46 - Dernière modification le 19/09/2011 à 7h45
Commentaires : (4)

Je n'ai pas pour habitude d'être grossier et ma tonalité peut être discutable et discutée,et je peux comprendre votre envie de me censurer , mais c 'est comme ça que je réagi à cette nouvelle campagne. Alors s'il vous plait pour une fois laissez parler les minorités "cancéro trasheros (ordinaires)" affectées:
Nouvelle campagne "pour" le cancer (blog de http://cgagne.canalblog.com):
Encore une fois c'est la cata.....Et ne me dites pas de suite: "l'essentiel c'est que l'on en parle"...
C'est raté et pis c'est tout!
C'est encore une fois a chier, et pis c 'est tout!
C'est encore d'une tristesse affligeante, et pis c'est tout!`
C'est encore "limito lacrymo attristant" , et pis c'est tout!
C'est encore prendre les choses à l'envers et pis c 'est tout!
Bref, ça n'arrange rien à mon statut de cancéreux, et me conforte dans mon choix de ne jamais faire partie de ces tristes comédiens battus d'avance, rejetés par la société dans ces spots.
Moi je suis en vie, ça se voit, je le montre et je vous emmerde!
Eh toi! Oui toi là!
Mr Mme" Ducondelacom", maîtresse ou maître penseur du ce qui est bon de montrer pour nous, t'aurai pas un cancer de la créativité?
Ou peut être es tu aussi ordinaire, que demain je sois obligé de te dire que j'ai beaucoup de mal avec le publicitaire que tu es, et que tu devrais te faire embaucher dans la dernière agence de com à la mode ?
Oui tu sais, l'agence Russe, comment kè s'appelait dis?
Ah oui ," l'agence méta s' tass"
PS: au cas où je sois lu, je reste à disposition de ces publicitaires pour donner mon avis de malade touché depuis 5 ans par la maladie.
pascal foucher
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Bravo Hélène. Donne des nouvelles, s.t.p. Bises.
Marie-Claude.
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Personnellement, même si je suis tout à fait d’accord sur le fond de cette campagne de sensibilisation, je n’apprécie pas beaucoup le spot mettant en scène la jeune femme qui revient au travail : Ce qui devient carrément tabou dans les campagnes qui portent sur le cancer, c'est tout le volet peu sympathique de la maladie. Le "tout va pour le mieux dans le meilleur des monde", la méthode Coué, est de rigueur. Les cancéreux chroniques, sous-traitements, mis au placard ou licenciés, sont légions, et beaucoup sont irrités par cette caricature: NON, si ils reprennent leur vie professionnelle, cela ne signifie pas forcément que leurs traitements soient terminés. NON, si ils sont revenus au travail, ce n'est pas parce qu'ils sont "guéris" mais bien souvent parce qu'ils n'ont d'autres choix pour financièrement s'en sortir décemment. Ce n'est pas une question de tabou, mais de contre-vérité. Dans l'état actuel des connaissances scientifiques, le corps médical n'est tout simplement pas en mesure d'utiliser ce terme rassurant, notre quête à tous. Et ce n'est pas parce que nous l'appelons de tous nos voeux qu'il est juste de l'employer sans l'assortir de la petite précision "à 5 ans" ( cette limite n’est pas un « détail »). Si nos médecins étaient certains que l'animal était éradiquer définitivement, cela allègerait considérablement leur boulot et nous en serions les premiers informés et soulagés.. Et NON, ils ne vont pas forcément bien sous prétexte qu'ils ont repris le collier. Faire penser le contraire à tous ceux qui ne cotoient pas la maladie au quotidien, ce n'est pas "changer le regard sur le cancer", c'est à mon sens, les bercer de douces illusions, c'est faire passer les cancéreux qui expriment leur peur de la récidive ou parlent de leurs souffrances physiques, des effets secondaires de leurs traitements passés ou en cours, pour des hypocondriaques ou des emmerdeurs angoissés ET anxiogènes. Je ne suis donc pas convaincue de la perspicacité de ce spot et suis même inquiète sur son effet contre-productif. Il serait peut-être bon que les communicants officiels fassent dans le subtil, la nuance, pour informer correctement les publics sans les affoler, mais sans égratigner au passage ceux qui se trouvent déjà de l'autre côté du miroir. En consultant largement ces derniers avant de se lancer dans des investissements aussi énormes qu'une campagne nationale, ils pourraient peut-être y parvenir. Le sujet n'est pas simple et il est certes difficile de satisfaire tout le monde, mais de là à faire l'éléphant dans des vies de porcelaine, il y a une marge.
Hélène Bénardeau, cancéreuse trois fois "déguérie", en traitement et ...au turbin :-)
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Une association qui aide à briser l'isolement des jeunes malades et de leurs proches.
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Ce site a été créé sous l'impulsion du Pr David Azria, professeur au Centre de lutte Contre le Cancer de Montpellier, dans le but d’apporter une information adaptée et exhaustive aux patients atteints de cancer et à leur entourage.
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Le Kiosque Info Cancer de Toulouse a pour mission d'accueillir les personnes en souffrance, de les informer, et de développer la recherche en sciences humaines autour du cancer.







Nous sommes plusieurs femmes atteintes d'un cancer du sein a être horrifiées par cette campagne gouvernementale.
Communiquer au sujet du cancer, oui d'accord, mais attention à ce que l'on véhicule comme message!
C'est pour cela que nous avons mis en ligne une pétition à l'attention de Madame Nora Berra Secrétaire d’État à la santé, pour que l'on retire le clip qui montre une femme sur son lieu de travail.
Voici le lien:
mesopinions.com/Retrait-du-clip-de-la-femme-dans-la-nouvelle-campagne-contre-le-cancer-petition-petitions-d873c1ae3d334384e9ef9b56f2245e10.html][img]http://www.mesopinions.com/_images/petition-1.gif[/img][/url]
Vous aurez une explication du pourquoi on demande ce retrait.