Dominique Gros, sénologue à Strasbourg, s'interroge sur la "culture du ruban rose", qui s'illustre ce mois-ci dans les courses et autres manifestations contre le cancer du sein. D'un côté, il salue cet élan de solidarité féminine; de l'autre, il pointe les dérives marketing qui entourent cette cause.

"Le ruban rose, vous connaissez ? Pink ribbon, en anglais. Non,pas rouge, mais rose. Le ruban rouge, c’est pour le sida. Le rose, c’est pour le cancer du sein. S’épingler ce ruban, c’est exprimer son soutien et son engagement en faveur de la lutte contre cette maladie. Et le mois rose, ça vous dit quelque chose ? C’est octobre : le Mois de sensibilisation au cancer du sein. Le concept nous vient d’Amérique du nord. Tapez « Breast cancer awareness month » sur Google et en 0,17 seconde vous obtiendrez 673 000 pages. Ou bien, allez sur le site http://nbcam.org/ et vous saurez tout sur le sujet…"

Lire la suite de la tribune.

Avec notre partenaire

Vous avez trouvé cet article intéressant ? Indiquez le aux autres visiteurs en votant pour lui :

3 votes

Commentaire : (1)

Portrait de cerOnac

Malheureusement, dans notre société où tout est basé (ou presque) sur les profits, le ruban rose ne fait pas exception... mais on ne peut pas ne rien faire par peur des dérives et des profiteurs de tous ordres ! il reste tant de personnes honnêtes qui oeuvrent pour la bonne cause... et c’est bien vrai que je trouve beau cet élan de personnes qui courent toutes dans le même sens… Rien que pour cette solidarité et ces émotions partagées, je trouve que c’est une bonne chose.

Positiver le cancer quand on l'a vécu comme tel pourquoi pas ? et transmettre les points positifs qui sont aussi une réalité, pourquoi non ?

« Si on parlait entre adultes, entre gens capables de comprendre que tout n’est pas clair ni facile concernant le cancer et que nous sommes loin de tout savoir à propos de cette maladie . » : Je ne peux parler que pour moi mais je pense que j’ai été suffisamment informée, que ce soit dans les grandes lignes ou en détails chaque fois que je l’ai demandé… ou dirigée vers des personnes ayant plus de recul dans ce domaine. Suis-je une privilégiée ? sans doute… Je suis convaincue pour ma part, que les gens ne sont jamais dupes, tout le monde sait que le cancer est une terrible maladie, les traitements sont difficiles et longs, le côté psychologique est en mode « turbulence » ! et honnêtement, je ne vois pas en quoi tout ce qui peut servir de « pommade » pourrait nuire… si les cheveux repoussent plus beaux, ça n’empêche pas le jour J de craquer seule devant le miroir de sa salle de bain … mais ça permet d’entrevoir la toute petite lueur d’espoir au bout du tunnel et rien que pour ça je trouve que c’est bien de le dire. Autant j’ai su trouver ma force dans les réponses franches que j’ai eu à mes demandes… autant je suis sûre que certaines personnes puisent leur force dans les non-dits, elles ne veulent pas savoir…

Et si ce passage par la case cancer est pour certain(e)s dont je fais partie, une prise de conscience sur la finitude qui permet de vivre plus intensément qu’avant, sur l’importance d’une alimentation équilibrée, d’une vie plus saine, d’une meilleure hygiène de vie, d’une vie personnelle plus riche... C’est aussi une réalité… un constat. Ça n’empêche en rien de préférer parfois, de n’avoir rien traversé du tout ! de ne pas avoir pris conscience de… et de vivre encore à côté de sa vie ou de vivre dans cette inconscience confortable… Mais dans la mesure où le choix je ne l’ai pas eu, pourquoi ne pas reconnaître les points positifs que ce passage m’a apporté ? Ils sont bien là, je ne les ai pas inventés pour dire que le cancer c’est une chance ! parce que je ne pense pas que le cancer soit une chance… Ce n’est pas le cancer qui apporte… c’est ce qu’il déclenche en nous et peut-être aussi (et c’est mon cas) ce qu’on en fait. La chance, ma chance… pour x ou y raisons, parce que j’ai su me servir de l’aide proposée, parce que j’ai eu les gens qui allaient bien pour m’entourer… parce que, parce que… c’est que j’ai pu/su positiver ce qui pouvait l’être.

Maintenant, j’ai bien conscience que tout le monde n’a pas le même parcours… je comprends que suivant différents critères plus divers les uns que les autres, on est pas égaux face aux soins, aux dialogues… etc.. et bien sûr que c’est tout ça qu’il faut s’efforcer de changer !

« le monde infantilisant et asphyxiant du ruban rose » : A nous, porteuses du ruban rose, de ne pas se laisser infantiliser ou asphyxier !

cerOnac
"On ne voit bien qu'avec le coeur... L'essentiel est invisible pour les yeux"
"Ce qui ne parvient pas à la conscience, revient sous forme de destin..."