La relation médecin/patient dans le cadre d'un cancer n'est pas un long fleuve tranquille. Voici le témoignage de Marina, sur sept ans de hauts et de bas avec celui qu'elle a surnommé (et on la comprend): Docteur Frousse.

"La relation malade/médecin, comme toute relation humaine, est traversée d'émotions. Voici un condensé de mon histoire avec celui que j'appelle "Dr Frousse" - et pour qui j'ai néanmoins un grand respect -.

Par un beau soir de juin  2002, le Dr Frousse m’annonce une forme rare de leucémie aigue, love at first sight.

En 2003, deux mois après une autogreffe,  il me dit de reprendre une vie normale. Ah oui ! En me tenant au mur chez moi ? Mais c’est quoi « une vie normale » ?

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Commentaires : (2)

Portrait de capucine04

En 2008 , on m'a diagnostiqué un cancer du colon, et là , je me suis pris un train à 200km/h de plein fouet ! Pourquoi moi ? Qu'ai je fait ? ou que n'ai - je pas fait ? Enfin , je suis rentrée à l' IPC à Marseille où j'ai vraiment été prise en charge par les spécialistes . Ai subi 2 grosses opérations , fait 12 chimios sévères , bien ciblées puis 8 d'entretien ! mes résultats étaient bons ! 6 mois de rémission et puis récidive et c'est reparti jusqu'à fin avril avec une chimio qui me fait perdre tous mes cheveux( j'ai 60 ans et suis très coquette!! mes mains toutes fissurées me font souffrir , mais j'ai une pêche d'enfer et suis sereine même si j'ai de gros coups de cafard ,quant à l'avenir . Je pense que je ne m'en sortirai pas !!! heureusement que je suis soutenue avec amour par ma famille et j'ai tellement envie de voir grandir mes petits enfants, allez encore 2ou 3 ans , 10 ans soyons fous !!
Je reviendrai plus tard vers vous !
années de bonheur tout simple

Portrait de BUDOSHIN

Le sujet est vraiement capital : l'annonce.
Sans vouloir faire de l'humour avec un sujet aussi sérieux, Coluche disait "j'ai peur d'aller voir mon medecin, il pourrait me rendre malade". Ceci résume assez bien la peur du medecin comme du gendarme. l'angoisse monte avant même de lui serrer la main. Mais il y a plus grave à entendre : les mots, ou le silence entre chaque pour annoncer quelquechose d'anormal. Quand le verdict tombe, on est liquide. Mais on est sensé aller mieux parcequ'il tente de vous rassurer avec "mais çà va aller".
çà va surtout nulle part. il n'y a plus de projets. qu'est-ce que Demain veut dire? Comment gérer un tel choc?
Il y a pire que la maladie elle-même, c'est la peur de ne pas guérir. Ont-ils entendu parlé des coachs? Les mots; les encouragements, les paroles positives ont autant un impact sur la santé que les mots négatifs, le facieste grave. Pour peu qu'une brochure sur les pierres tombales soit délicatement posée dans la salle d'attente à côté d'un vase de chrisantèmes, et le décors est planté.
Je souhaiterais pour ma part que l'on puisse faire un arrêt sur image sur cet instant, que la maladie soit considérée comme un parcours d'obtacles, non pas comme une fin, mais comme un nouveau départ. Je vis cette triste expérience à travers ma femme, et suis bien placé pour témoigner que la force se trouve dans les projets. Restez au présent.

Maintenant, qelle est la définition d'une vie normale.
Une vie ou l'on coure sans but précis après des modèles artificiels, ou bien un retour à la réalité et à son utilité dans sa vie. Je pense sincèrement que la maladie nous ouvre les yeux sur la vraie normalité.
Battez-vous avec toutes les armes possibles. Sachez que votre douleur ne restera pas silencieuse.

ICI & MAINTENANT