Nous avons eu la chance de rencontrer Bernard Giraudeau. Le comédien et écrivain, en prise avec la maladie depuis plusieurs années, revendique le statut de "malade actif". Dans la première partie de cet entretien vidéo, il explique comment la maladie l'a placé dans une optique d'éveil: éveil à soi-même, à la vie, aux autres.

Selon lui, une certaine acceptation de son sort est nécessaire, ce qui ne signifie pas pour autant que l'on doit s'y résigner: il faut au contraire agir, pour soi, pour les autres. Cela implique de vaincre ses peurs...

(Durée de la vidéo: 3 min09)

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Bientôt: deux nouvelles vidéos de Bernard Giraudeau.

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Commentaires : (3)

Portrait de sitelle

Témoignage essentiel c'est évident; mais lorsque la malade, atteinte depuis douze ans, s'entend répéter depuis quatre ans, par les oncologues qui la suivent: 'vous savez que vous êtes en soins palliatifs, qu'on ne peut plus rien pour vous, même pas vous stabiliser parce que votre cancer est très agressif, qu'il a résisté à tous les traitements.' Lorsqu'on entend cela à chaque consultation, comment ne pas avoir envie de se résigner, de tout laisser tomber? Surtout lorsque ainsi que c'est le cas de mon amie Bernadette, on est allergique à tous les morphiniques et qu'on dispose pour soulager les douleurs des métastases osseuses, en tout et pour tout, d'Advil... bien mal adapté aux douleurs du cancer. On peut ne plus avoir envie de se battre.
Je cite cet exemple, sans doute extrême et, je l'espère rare.

sitelle

'La vie n'est rien, mais rien ne vaut une vie.' A. Camus.

Portrait de michel

Le jour de mon anniversaire , on m'a annoncé mon cancer , la mort est une pensée qui vient rapidement à l esprit , mais en fait , j'y pense depuis l'âge de 15 ans , j'en ai 52 depuis le 18 decembre 2009, fameuse date!! cette fois ci j'avoue que ça m'a taraudé, et je lui demande au moins d attendre encore un peu avant de m' emporter , je ne sais où d ailleurs car je ne suis pas forcément croyant, je dis forcément , car en fait j en sais rien.Une chose dont je suis sûr , c'est que les 25 années qui viennent de s'écouler , ça n 'a été que du bonheur , et régulièrement je le dis , alors j 'ai trouvé bon de vivre , pas de problème de santé , une épouse et 3 enfants , avec qui on se "marre"souvent , je pense que le rire fait partie du bonheur.La souffrance me fait peur , et là je compte sur les medecins , et si ça va , je prendrai tout le bon qui va se présenter jusqu au bout . Le fait de pouvoir le dire et en quelque sorte , l anticiper, d abord ne fait pas mourir et je vais pouvoir dire tout ce que j ai à dire et à penser maintenant , en "CAS" , on ne me fera pas dire n importe quoi , ce que ne peuvent pas forcément prévoir , par exemple les décédés d accident de la route.courage à tous .michel

Portrait de cerOnac

Merci Monsieur Giraudeau... pour ce témoignage qui fait qu'on se sent moins seul(e) avec son parcours. "Qu'est-ce que la maladie me dit (m'a dit) ?" C'est vrai, certains ont besoin de se poser la question, ou devrais-je plutôt dire que la question s'impose... sans crier gare ! et d'autres passent le cancer sans s'arrêter et se trouvent bien aussi... La maladie pour moi a été une révélation, un éveil, "un nouvel éveil" même, de ce que je n'avais pas "entendu ou voulu entendre" pour x et y raisons, quelques années en arrière... Elle a été un passage, un tunnel douloureux où je suis allée me chercher... et d'où j'ai trouvé la porte de sortie ! et cette fois j'en avais la clef : je me suis trouvée, enfin... Il m'a fallu 50 ans et le cancer pour comprendre que je me suis faite "pousser" tordue... que j'avais pris pour argent comptant les désirs et les souffrances de mes parents... que j'avais juste été ce qu'on voulait que je sois pour atténuer les déceptions des uns et des autres, pour entrer dans le moule qu'on m'avait (que je m'étais ?) inconsciemment fait sur mesure... Alors comment ne pas parler de "naissance" quand on réalise qu'on a le droit de vivre, qu'on a sa place avec les autres, qu'on a le droit de s'aimer et d'aimer et d'être aimée ? quand on réalise qu'on est passé à côté de sa vie et qu'il est encore temps de repartir du bon pied cette fois ? le bonheur... "d'être de plus en plus près de ce que l'on doit être..." C'est un long chemin mais je sais au plus profond de moi que je suis sur "mon" bon chemin.
Concernant la mort, je ne sais pas si en traversant le cancer, on peut échapper à cette prise de conscience ? Au plus profond de mon tunnel, j'ai même pensé que c'était logique que la mort m'appelle avec ce cancer puisque je n'aurais pas dû naître... l'ai-je moi-même appelée ? Moins deux j'en appelais même Dame récidive à la rescousse ! Elle était là la résignation... Heureusement pour moi, dans ce tunnel y'avait une autre direction ! une lueur, une toute petite lumière que j'ai suivie... Maintenant je veux vivre ! et c'est tellement puissant ! je suis sûre que le cancer doit le ressentir aussi...
La mort ? elle s'apprivoise alors de telle sorte qu'on va doucement vers ce chemin de l'acceptation... qui peut même devenir une force supplémentaire dans sa perception de la vie. Ce chemin-là rejoint l'autre, ou les autres pour ne faire plus qu'un... est-ce ça la sagesse que l'on acquiert un jour ?

cerOnac
"On ne voit bien qu'avec le coeur... L'essentiel est invisible pour les yeux"