Une association qui aide à briser l'isolement des jeunes malades et de leurs proches.
pagurus mon crabe
- mer, 2010-07-07 15:23Le 30 juin 2010-
Y a pas de jus là dedans, on verra demain.
Le 1er juillet 2010-
Ca va vachement bien ce matin. Et une bonne journée, ça commence comme ça…
Ce matin, je n’ai pas vomis mon premier café. J’en ai donc profité pour boire les trois tasses de café réglementaire qui me permettent d’émerger dans les meilleures conditions. Au fil de la matinée, je m’aperçois que la respiration, malgré la chaleur ambiante, se fait plus légère. Une éternité que je ne respirais pas vraiment normalement. Pas de quoi finir l’ascension au pas de course bien sur, mais d’accéder à un palier supérieur dans les meilleurs conditions.
Le tout agrémenté de deux coups de téléphones déterminant. Julien hier et Fanny ce matin, non qu’ils ne me téléphonent pas régulièrement, mais il y a des fois ou ça tombe plutôt mieux que bien. Et il y a toujours et « encore » vos putains de commentaires qui, comme vous pouvez le voir, me hissent vers le haut. Amis et fidèle du blog, aidés moi à faire comprendre à Alain que l’émotion que j’ai ressenti à la lecture de son commentaire n’à absolument rien à voir avec le mélo. Que c’est juste une bagarre et une émotion partagée. Il faut tellement de temps pour admettre que ses propres mots, quand ils sont sincères, qu’ils soient dit ou écrit, ont une portée qui peut être universelle. « Des mots sans culotte, sans bande à cul. Des mots rien que des mots ! » Comme le dit si bien l’ami Ferré. Mais quand enfin on ose les mots, les mots sincères, les mots justes, ceux qui réconfortent, même si nous ne sommes pas des hommes reconnus comme hommes de mots ; il faut savoir que la portée des mots prend toutes son importance avec l’échange et le partage de ces mots si précieux.
Je me demande parfois si, au travers d’un blog, cancer n’aura jamais si mal vécu. Car enfin, jamais on ne lui aura laissé la vedette à ce prédateur. Peut être une toute petite pince d’avance, vite arrachée cuite et décortiquée… Parsque quand même, le tourteau ça reste vachement bon.
Le chat Titi cherche les courants d’air, et il les trouve, la Bounette elle, cherche sa place, pour avoir le moins chaud possible. Et moi, dans la moiteur ambiante j’en profite pour tirer sur le moins j’en fais mieux je me porte qui semble porter ses fruits. Un comble pour quelqu’un qui répugne à l’inactivité.
Pour qui aime, je peux vous dire que rien qu’un morceau d’OTIS REDDING par jour peut être une excellente thérapie pour la tête. Deux jours de suite que jazz land me prescrit le traitement. Et c’est par ce pur hasard que je m’aperçois que mes neurones, en le captant, me restitue des ondes positives. Constatant le phénomène, je me souviens par la même occasion que le traitement je l’ai à portée de lecteur depuis toujours. Que je l’ai même utilisé à haute dose au début de la maladie, sans savoir vraiment, à l’époque, les bienfaits que pouvaient m’apporter, rien qu’une heure par jour, ces musiques intemporelles qui ont jalonnées ma vie.
Nostalgie, quand tu tiens !!!!!
Le 5 juillet 2010-
Que dois-je faire, comment réagir face à ce corps qui se rebelle contre ma volonté de ne pas laisser la part belle à la maladie. Si je repousse cette nécessité d’aller aux urgences au moindre frémissement négatif et parfois même un peu plus inquiétant, de ce crabe qui me malmène de l’intérieur ; c’est tout simplement que j’ai cette putain de sensation que le moral minimise les dégâts… Jusqu’à quand ?
Rassurez vous, les médecins sont parfaitement au courant de la bagarre qui se joue entre mon mental et les réactions maléfiques de Pagurus le crabe. Le docteur Martin, que j’ai eu au téléphone m’a quand même fait comprendre, d’une certaine façon, qu’il ne fallait pas trop jouer avec le feu. Ma première réaction est que je me retrouverai bien assez tôt dans un lit d’hôpital… si je dois m’y retrouver bien sur. Mais il ne faut surtout pas sucer les pinces du crabe avant de l’avoir terrassé.
Pour la première fois depuis longtemps, je sens mal cette période de vacances. Je pense avant tout à Carole, qui après cette année de merde ne pourra, faute de moyen, se ressourcer convenablement avant d’attaquer une nouvelle année d’incertitude. Car il faut bien se rendre à l’évidence, et ce n’est pas capitulé que de regarder les choses en face ; c’est se préparer à un nouveau combat dont on ne connait ni l’issue, ni la durée.
Wag Wag dirait : « Mon cher Marco, je vous sens au creux d’une vague »
Mais je surf mon ami, je surf, entre la vie et la maladie, la maladie et la mort, la mort et la vie.
Alors que je m’étais engagé, à l’ouverture de ce journal, de ne rien cacher des difficultés que je serai susceptible de rencontrer tout au long de ce combat que je sentais difficile ; je me retrouve devant un blog suivi au delà de toutes mes espérances. D’où toutes les difficultés pour moi aujourd’hui d’allier espoir et véracité. Sauf qu’à mon avis, la vérité est source d’espoir.
De toute façon, j’ai bien trop de chose à finir pour m’arrêter là.
Trois jours que je n’avais pas écrit, et malgré les vacances il ne va pas falloir négliger le journal. Qu’au retour vous me retrouviez la plume le mot et l’esprit alerte.
A savoir que le 11 aout, une nouvelle autopsie sera réalisé sur la carapace du crabe.
Le 6 juillet 2010-
Quelle frayeur mes amis, quelle frayeur ! A tâtonner avec l’ordinateur pour chercher tout ou n’importe quoi, j’ai paumé trois articles, dont les deux derniers. Après une bonne heure de recherche dans les bas fonds de la machine j’ai quand même réussi à récupérer les pages fugueuses pour les remettre en place. Le problème, c’est que je ne sais pas où l’erreur à été commise ni comment je l’ai vraiment récupéré… Les voies de l’ordinateur sont parfois impénétrables.
Pour la prise de sang, ce matin, ce n’était pas Michel, le vampire habituel. Réveillé vers sept heure trente, il m’a fallu attendre dix heures pour pouvoir boire mon café. Vampirella, qui n’a pas l’habitude du circuit a due le prendre à l’envers pour arrivée si tard. En l’attendant j’ai fait tout mon petit boulot du matin sans ma purge caféiné.
Le 7 juillet 2010-
Il faut se faire une raison, c’est l’été et le blog va marcher au ralentie. Encore deux chimios , et le onze aout, deuxième bilan. C’est donc, à votre retour de vacances que vous constaterez la rémission ou l’étendue des dégâts. N’y voyez surtout pas plus de pessimisme que d’optimisme là dedans, juste une dose équilibrée de réalisme et de fatalité. De toute façon, je m’abandonne corps et âme à la médecine… Sans eux, que puis-je faire ?
Aujourd’hui, dans l’état actuel des choses, la machine va plutôt bien. Et comme elle marche avec la tête, on peut dire que le bilan est globalement positif. Chez Carole, la tension se relâche, à cinq jours des vacances même si la fatigue est là, l’idée de souffler jusqu’au moi de septembre occulte les soucis de l’année passée. J’y vois aussi pour moi, une forme de répit pour toutes ces journées passées seules à la maison. Certaines d’entre elle me paraissant si longues.
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