Une association qui aide à briser l'isolement des jeunes malades et de leurs proches.
Rester dans "ce monde-là"...
- dim, 2009-11-22 16:21Bonjour,
La maison du cancer en est un bel exemple !
Certains, certaines... qui ont traversé le cancer (ou dont le cancer les a traversé ?) choisissent de "rester dedans", même s'ils vont mieux, même si la guérison, la rémission, sont là... en aidant les autres à leur façon. ça peut-être de créer un endroit comme celui-là où les malades, les guéris et leurs proches ou tous les gens qui se sentent concernés, peuvent être "entendus et compris", ça peut-être dans la vie extérieure, autour de soi, en aidant au coup par coup les gens qui peinent à traverser ces moments pénibles des traitements, des états psychologiques qu'ils provoquent... etc, ça peut être au sein d'une association...
Quoiqu'il en soit, ce choix de "rester dedans" en quelque sorte, soulève souvent autour de nous, par les proches en général, des questionnements, des "pourquoi" tu ne veux pas tourner la page une fois pour toutes ? t'en as pas eu assez ? tu ne veux pas zapper et passer à autre chose ?
Alors...
J'explique que NON... le pourquoi NON... le pourquoi je me sens terriblement bien moi "dedans" !
En premier lieu parce que j'ai franchis une barrière que je ne pourrai jamais plus repasser dans l'autre sens et c'est tant mieux, même si ça, c'est encore moins bien compris parfois, et aussi plus complexe à expliquer...
En second, ce cancer hormono-dépendant m'a fait prendre conscience que je ne pourrai jamais parler de guérison mais uniquement de rémission... ce qui accentue le fait que je me sente "dedans" ! (je ne dis pas qu'un jour je ne penserai pas autrement !? c'est possible... tout est possible... je me laisse des ouvertures),
En troisième lieu, parce que mon intérieur, mon histoire, mon caractère font que j'ai envie (limite besoin) d'aider celles qui vont traverser ce que je connais maintenant...
En quatrième lieu et je le mets en dernier mais c'est un point aussi important pour moi que les autres, je ressens aussi le besoin de faire ça pour que celles que j'aime et qui sont parties trop tôt comme ma petite Céline de 30 ans et une certaine Flo, ma voleuse de temps... et toutes les autres, soient toujours là, à travers moi pour aider celles qui passent par des moments difficiles, à travers leur histoire aussi qu'elles m'ont transmises...
Après avoir donné ces explications, ils savent que je suis ouverte à tout dialogue sur le sujet : comprend qui veut, s'adapte qui veut, ou ne s'adapte pas... je ne peux pas revenir en arrière, je suis trop bien comme ça et le voudrais-je que je ne le pourrais pas ! alors, je considère que ce n'est plus de mon ressort, je ne peux pas faire plus. A chacun de faire son chemin ou non, en fonction de cette nouvelle personne qu'ils ont maintenant en face d'eux. Comprendre d'abord et s'adapter, tout un cheminement pour chacun(e)... A moi également de trouver un juste équilibre afin qu'on s'y retrouve tous. Pas facile comme défi ! mais tellement enrichissant...
Mon témoignage vous parle ?
Merci de déposer le vôtre...
Bonjour
Comme ce temoignage me parle CerOnac :)
En ce qui me concerne j'ai passé la barrière dont tu parles il y a 9 ans depuis quelques jours. 9 ans pendant lesquels j'ai cotoyé l'enfer comme beaucoup d'entre nous. Mais moi non plus je ne peux pas revenir en arrière, repasser cette ligne blanche que j'ai traversée il y a si peu de temps me semble-t-il. Je ne suis plus la même, j'ai trop changé pour rebrousser chemin et je n'en ai pas envie. Aujourd'hui je suis moi, vraiment, sincerement, profondement, et ça m'est extrêmement précieux. Quelle chance de se trouver, de se rencontrer enfin!
De mon côté, je reste sur ce versant et j'essaye d'aider les gens qui passent par le même chemin escarpé.Je me suis sentie extrêmement seule et abandonnée pendant la maladie , persuadée que j'allais mourir. J'aurais aimé rencontrer des femmes qui s'en étaient sorties pour croire que c'était possible. Je veux aujourd'hui être cette femme là, celle qui permet de se dire je peux m'en sortir, elle l'a fait, elle est là malgré un cancer invasif, une récidive, elle est vivante et je peux le faire à mon tour.
Lorsque j'ai crée mon blog, j'ai entendu beaucoup de reflexions comme : tu crois que c'est bien de ressasser? mais sors donc de ce cancer, tu es guérie!
Non décidément non, je ne repasserais pas de l'autre côté, j'ai choisi mon camp, je ne serais plus jamais comme avant, c'est comme ça et les autres doivent l'accepter s'ils veulent aimer celle que je suis devenue.
je me suis découverte autre, à l'ecoute des autres, prête à entendre, à aider, à soutenir. Je ne suis plus la working girl egoïste, maman à ses heures, toujours débordée, stressée jamais sereine. Cette femme est derrière moi, je l'ai laissée au bord de la route et j'ai continué mon chemin débarassée d'un carcan que la société m'avait fait enfiler.
le cancer j'y pense chaque jour, avec moins de peur et d'effroi qu'avant mais il fait partie de moi, je n'y peux rien. Je suis une "survivante" comme disent les anglo saxons, ça fait partie de mon identité profonde et si on m'aime, on prend le paquet, catherine et son cancer, catherine et ses failles, catherine et sa souffrance passée qui reste là comme un tatouge indelebile.
On ne traverse pas cette épreuve sans y laisser quelques plumes, la reconstruction est longue et ne nous laisse pas comme avant, je n'y crois pas.
on ne peut pas oublier ce tsunami qu'est le cancer on peut survivre au traumatisme, mais il reste là, en nous, pour toujours.
Nous ne guerissons pas, nous sommes en remission! tous les jours je croise des femmes qui ont rechuté 10/12 15 ans après leur premier cancer. Alors dans ces conditions comment tourner la page?
je suis en remission d'un cancer du sein qui est peut être tapi quelque part en moi attendant son heure. Je vis pleinement ma vie de femme et de mère, j'apprecie chaque jour, chaque heure, chaque minute, mais sans jamais oublier que ces moments sont un cadeau.
bonnes fêtes de fin d'année à tous
catherine
Whaouhhh ... ce soir c'est mon coming-out et je viens de lire tous vos témoignages Mesdames ... et c'est whaouhhhh (désolée hormis cette onomatopée je ne trouve rien de mieux pour exprimer ce que je viens de ressentir). Je suis bouleversée. Pour la 1ère fois je m'exprime sur un site "dédié" au cancer ... je me l'étais toujours refusé. J'ai toujours refusé d'assiter, de participer ou même d'écrire sur ce sujet. Sauf ce soir, car cela a commencé par une simple recherche sur internet (une parmi les centaines que j'ai faites depuis un an) pour savoir comment arrêter mon hormonothérapie et je suis tombée sur vos commentaires mesdames et ce soir, ce 30 décembre, je me suis sentie pour la 1ère fois depuis 1 an nettement moins seule dans mes ressentis, dans mes détresses, dans mes douleurs ... Parce que vous avez toutes des mots très simples et très pudiques et tellement intenses pour vous exprimer. Bon sang ce que j'ai pu changer depuis 1 an moi aussi ! 5 opérations en 2009 m'ont transformé physiquement c'est indéniable mais psychologiquement si profondément.
Je vis sur un bout d'ile au fin fond de l'Océan Indien et on dit qu'après les cyclones le beau temps arrive, et que souvent il y a du bon à retenir dans ces déchainements de la nature, celle-ci repousse de plus belle, devient plus forte, les plantes plus vertes ... Je viens de vivre mon cyclone "à-moi-je-perso" ... et je vous assure que j'attends maintenant avec une impatience que le beau temps revienne et que je devienne encore plus forte ...
Forte je le suis, mes ami(e)s disent que je suis une battante, une vraie guerrière déjà bien avant que cela ne m'arrive, et j'ai vraiment du puiser et puise encore au fin fond de mon corps, de mon coeur, de mon âme, l'énergie pour continuer à me battre ... mais pourtant ... non souvent ... non en fait trop souvent ... j'ai du "jouer" à la guerrière parce que l'on ne me reconnaissait pas avec cette mine déconfite, ce manque de dynamisme, ce manque de peps moi qui suit une sportive, bref c'était une autre Alexandra ... du coup j'ai fait le vide autour de moi, au fur et à mesure que mes opérations s'égrainaient , mes contacts de carte SIM ont peu à peu diminué comme peau de chagrin mais je n'avais pas le temps de m'apitoyer. Maintenant je sais dire NON, ou je VEUX ou j'ai ENVIE et c'est un énorme changement moi qui vivais pour faire plaisir aux autres, à l'autre et qui m'oubliais. 1ère leçon à retenir : maintenant tu passes avant tout parce que tu as failli y passer et que tu as eu peur, même très très peur. Ca peut paraitre égoiste j'ai beaucoup du travailler là-dessus. 2ème leçon : dire ce que tu ressens là tout de suite ... parce qu'après ça peut être trop tard. Je ne me suis pas fait que des amis !! Mais ceux qui sont restés, ou que j'ai rencontrés en cours de ce tortueux chemin sont ceux sur lesquels je peux compter. J'ai eu l'impression de revenir à l'essentiel des choses, l'essentiel des gens, l'essentiel des sentiments quels qu'ils soient (en amour, en amitié, au travail, dans les activités sportives ou ludiques) ... et pourtant je n'ai pas toujours été facile et ne le suit encore pas toujours ... Je n'ai pas acquis une sérénité de moine boudhiste (lol) en traversant cette épreuve et je ne serai surement pas nomminée pour être béatifiée !!! et la 3ème leçon (mais surement pas la dernière) : se faire plaisir, avoir de beaux projets petits ou grands, et se projeter constament dans l'avenir avec des petits bonheurs en perspective. mais surtout et avant tout OSER ... et maintenant j'OSE, c'est encore balbutiant, je me suis fourvoyée, mais pour autant je ne m'arrête pas (plus) et c'est une sacrée avancée. Les échecs me paraissent nettement moins graves qu'avant, et je rebondis ... une vraie puce sauteuse ! J'ai osé remonter sur un bolide alors que j'avais fait une croix dessus, j'ai oser me remettre au sport parfois un peu extrème, j'ai osé tout simplement. Qu'il est grisant et bon de se sentir en vie... mais pour comprendre cela il faut juste passer par là, comme nous toutes, nous tous ... C'est peut-être la raison ce soir de ce 1er message de ma part. Je me suis tellement retrouvée dans tous ces mots (maux) ...
Maintenant si l'une d'entre vous pouvait m'éclairer un peu plus sur le danger éventuel d'arrêter une hormonothérapie : je suis preneuse, j'ai tellement le sentiment de traiter le mal par un mal bien pire encore !!!
A très vite et merci par avance.
Belle année à vous toutes et tous, vivons et osons.
Alexandra
hello Alexandra,
Il est difficile de quantifier le risque d'arrêter une hormonothérapie comme il est difficile de mesurer l'intérêt d'une chimiothérapie adjuvante. Va-t-on rechuter sans ces traitements et aurions nous rechuter avec??? on ne peut te répondre que par des pourcentages mais les chiffres, ne servent à rien à l'echelle humaine : il faut simplement être du bon côté, du côté de celui ou celle qui survit.
Sur ce site il y a eu une discussion sur l'hormonothérapie que tu trouveras en suivant ce lien : http://www.la-maison-du-cancer.com/magazine/la-salle-de-soins/traitement.... Tu y verras ma réponse : j'ai eu envie d'arrêter et je n'ai pas pu, la peur était trop présente, trop forte... chacune trouve sa solution en elle, il est difficile de conseiller dans ce cas. En tout cas je ne m'y risquerais pas.
Bonne année à toi
Halize, bonjour et merci de ton témoignage...
Je pense mais ça n'engage que moi... qu'il faut prendre son temps ! et surtout faire ce que l'on ressent soi-même et pas les autres, même si ce sont nos très-proches... Y'a que nous, au plus profond de nous, qui savons ce qui est le meilleur pour nous. Le temps, des témoignages comme ici, des conversations, des livres t'aideront à trouver ton chemin j'en suis sûre... Bonne année et surtout bonne santé, le reste viendra ! bisous.
NB : Je finis de défaire les valises (ça c'est du concret ! lol !) et je repasserai lire le reste ! En tout cas merci pour tous vos témoignages ! ça me fait super plaisir... à+
Catherine, ton témoignage est tellement beau ! c'est vrai qu'on parle la même langue indéniablement... Cette maladie nous a dévoilée à nous-même d'une part et on a su (pu ?) en tirer énormément de positif ! qu'importe demain ? Moi je me dis que je peux bien mourir d'une crise cardiaque, d'un accident de la route, ou de ce cancer ou d'un autre ? qui sait ce que demain sera fait ? oui qu'importe ? en attendant : on sait ! on sait qu'il n'y aura peut-être pas de demain, c'est en ça qu'on a changé... on a prit conscience de la vie et de la mort, alors comme tu l'exprimes si bien, on sait profiter de chaque moment qui passe, on sait faire de chaque instant un moment privilégié... n'est-ce-pas ça le plus important finalement ? merci beaucoup Catherine, j'espère que tu profiteras pleinement des sujets de ce forum, plus interessants les uns que les autres ! à bientôt et bonne santé et sérénité pour 2010.
Alexandra ! re-Whaouhhh !
Tu ne peux pas savoir comme je suis heureuse aujourd'hui de te lire... Ce forum ne cache rien de ce que peut-être le cancer, hideux, malodorant, terne, triste, douloureux... On est pas là pour dire que le cancer est beau ! mais il montre aussi à travers les vidéos, les témoignages, les diverses infos qu'on peut en tirer du bien... C'est-à-dire que la traversée du cancer (de n'importe quelle maladie, d'un accident, d'un deuil...) peut nous grandir, nous embellir, on peut trouver des choses positives qui nous aideront à continuer notre chemin dans les meilleures conditions. Et ce n'est pas rien ! alors si, en lisant nos témoignages, une personne (et j'espère plusieurs) se sent moins perdue, alors... je me dis que j'ai bien fait d'écrire ! merci à toi d'avoir poussé la porte de la maison du cancer. Je lis actuellement des ouvrages de Monsieur Jacques Salomé, entre autre, VIVRE AVEC SOI ! et la dédicace "Pour oser encore..."
Concernant l'hormonothérapie, j'en ai fait la moitié, j'en parle ici même, tu trouveras mes témoignages ici et là... J'ai enfin pris ma décision, j'arrête. Pour mon cas, j'assistais à ma mort lente ! maintenant, il faut faire très attention : chaque cas est différent, j'ai des copines qui supportent bien ou pas trop mal ce traitement ! Pour beaucoup, (info onco) les effets secondaires sont intenses mais s'estompent au bout d'un an, un an et demi... il faut en tenir compte aussi ! Je ne parle ici que de mon cas et je n'incite personne à faire de même. Donc... ce choix reste COMPLETEMENT PERSONNEL. Personne ne pourra te dire si tu vas récidiver si tu ne prends pas ce traitement ou pas... Y'a pas de réponse ! la réponse est au fond de chacune.
Je te donne mon adresse-mail par message privé si tu veux en parler plus en détail. En attendant, bonne santé et sérénité pour cette nouvelle année.
Bonjour,
Je sais, je ne suis pas supposée faire une incursion du côté forum, puisque je suis de l'autre côté, côté edito. Mais là, je ne peux pas m'en empêcher, et après tout pourquoi ne le ferais-je pas ? Puisque j'ai très envie de vous remercier. Vous remercier d'avoir entamé entre vous ce dialogue, profond, riche, authentique, positif, et finalement, si plein de vie. C'est l'esprit que nous avons voulu donner à ce site, et quand je vois qu'il prend corps dans vos mots, cela me donne plus envie encore de poursuivre cette belle aventure. N'hésitez pas à nous écrire (par "contact"), pour nous soumettre des sujets qui vous tiennent à coeur. Nous sommes là, au bout de la ligne, pour tous ceux qui traversent cette épreuve et vivent aussi "l'après" derrière cette ligne blanche si difficile à franchir dans l'autre sens. Anouchka
Bonjour
Ce monde là ??? Je ne sais pas combien de temps je vais encore le côtoyer car Ophélie (c'est le prénom que j'ai donné à mon cancer des poumons pourtant je suis non fumeuse. D'ailleurs j'ai écrit une nouvelle qui sortira à l'automne), donc Ophélie dis-je a retendu sa toile sur les deux morceaux de poumon. Mais je ne veux plus me battre. Après 3 ans de traitements et d'opérations non stop, je suis tellement diminuée, je souffre tant des os que je n'ai plus la force de lutter. Je suis dans un fauteuil roulant, je ne peux plus conduire car il reste seulement 40 % de masse osseuse à mon épaule droite, les mains ont été opérées, la gauche ne fonctionne plus, lorsque je marche ma colonne est à 60°. Et surtout je souffre l'enfer.
Actuellement, mis à part mes 8 petits enfants, mes enfants, mon mari (bien qu'il fasse l'autruche) qui m'aident à surmonter la maladie, j'ai les séances de dédicace. J'adore les enrichissements humains que j'en retire.
J'écris des romans pour adultes et enfants depuis 10 ans, ce qui me permets de me passer d'antidépresseurs et de psys. Malheureusement, je suis publiée chez de petits éditeurs et je rencontre énormément de difficultés pour trouver des librairies qui m'acceptent. C'est dommage mais c'est comme ça. Je ne vous parle pas des journalistes qui ne regardent même pas la couverture... Tant pis ! Je continue car j'écris par plaisir. J'ai un blog sur lequel je branche des textes, c'est sympa.
En ce moment, je me noie dans l'écriture d'un polar et d'une fiction, seront-ils publiés ? Tout dépend d'Ophélie...
Alors ce monde-là je l'ai aimé, je l'aime encore mais moins. Je le quitterai sereine, tout est clair dans ma tête. Je refuse de vivre encore plus diminuée.
Au fait, je suis malade depuis l'âge de 1 an, j'ai 60 ans, donc certains sont PDG moi je suis : asthmatique corticodépendante insuffisante surrénale et accessoirement cancéreuse des poumons.
Je vous souhaite une bonne soirée, je retourne voir mon inspecteur de papier.
Nicole
Bonjour Nicole,
Votre témoignage est bouleversant et je vous exprime toute ma sympathie. Ce que vous nous dîtes est dérangeant mais quelle claque. On se bat, on rame, on gagne parfois, une manche ou deux, mais s'il est vrai que nous irons tous à l'hôpital, nous mourrons tous aussi. Ca me fait extrêmement peur, je salue votre sérénité. Je salue aussi votre force : continuer à écrire, à rêver, à désirer malgré vos souffrances, vos limites.......J'aimerai vous lire. Votre blog a bien une adresse ?
Bonjour Isabelle, oui mon blog a une adresse :
http://nicoletourneur<.blogspirit.com
nicole.tourneur@wanadoo.fr
Je sais que ma position dérange un peu mais j'ai vécu au Mexique et la philosophie des Mexicains face à la mort me convient tout à fait. J'ai réfléchis à la question et je pense que le plus difficile n'est pas de mourir mais de laisser ceux qu'on aime.
Bonne journée
Bonjour Nicole,
Mes écrits concernaient les gens qui aident les autres et décident de rester dans ce monde du cancer... Néanmoins, je comprends très bien que ce titre interpelle et fait réagir, pour lui donner une autre orientation, telle que la vôtre. Quelle sagesse...
"C'est pas grand chose, mais…" : excellent ! j'ai aimé aussi le vieux pingoin, je reviendrai bien vite pour lire la suite. Merci Nicole... et respect. Bravo d'avoir pu transmettre l'écriture à vos petits !
C'est sur la pointe des pieds que je viens de vous admirer Mesdames et quelques soient vos humeurs, vos maladies et vos observations, je vous dis : CHAPEAU !
FELICITATIONS et MERCI.
Merci de vos mots, de vos lignes, de vos sincèrités, de vos émotions.
Soyez certaines que je reviendrai vous lire, ou relire.
Je vous embrasse toutes
Bonjour,
En vous lisant, l'envie me prend de vous dire conbien je suis de tout coeur avec vous. Je vis avec le cancer depuis plus de 25 ans. Si je dis "avec", c'est parce qu' il ne m'a jamais quitté. J'ai commencé, à 35 ans par un cancer du rein, puis ont suivies des métastases aux poumons et sur les os. On a dû m'enlever le rein, la rate, une partie du pancréas, tout le poumon gauche et une partie du poumon droit ainsi que 2 vertèbres. Tout ceci par de multiples chirurgies. J'ai donc appris à vivre avec le cancer et non à mourir avec le cancer. Bien sûr il y a eu des moments de grandes souffrances surtout avec les 4 opérations pulmonaires, mais je peux dire aujourd'hui que "ça valait le coup" de se battre. Lorsque l'on m'a annoncé cette maladie, on me donnait très peu d'espérance de vie... Je peux donc dire aujourd'hui que l'on peut vivre longtemps en sa compagnie, je sais qu'il fait partie de moi, qu'il m'a fait grandir en regardant le monde d'une autre façon surtout de manière moins égoîste. J'ai la chance d'avoir beaucoup d'amis et je sais combien l'entourage est important surtout lorsque l'on vit seule. J'ajoute que la médecine a fait beaucoup de progrès depuis le début de mon cancer et si je suis vivante aujourd'hui, c'est grâce à un traitement que j'ai suivi alors qu'il n'était pas encore dans le domaine public. Je vous assure que je trouve belle la vie.
Que tous ces témoignages sont beaux ! Il n'y a pas une phrase, pas un mot qui me soient étrangers, tous ces sentiments d'appartenir au cancer comme il nous appartient toutes ces souffrances physiques et psychologiques supportées pendant des mois ou des années,il est imposssible pour moi et je vois que je suis pas seule, de tourner la page,j'ai besoin de parler de cette période de ma vie que j'ai partagée avec Christiane et Pascale toutes deux malades comme moi,nous nous remontions le moral ensemble et puis Christiane est partie et Pascale l'a suivie de quelques mois ,entre 2 séances de chimio j'ai accompagne mes amies dans leur dernier voyage. Horsmis le devoir de mémoire que j'ai envers elles, je considère que j'ai traverse le cancer ou plutôt il m'a traversée et même si je suis en rémission je ne serai plus jamais la même . Tout ce que j'ai pu lire me parle tellement que j'ai l'impression que nous avons toutes eu une conversion devant une tasse de thé et que quand l'une commençait une phrase, l'autre la terminait. Merci a vous toutes. DOM
Bonsoir à toutes et pourquoi n'y a-t-il pas d'homme qui témoigne sur ce fil? Mystère...
Moi aussi, je me sens dedans et pour rien au monde je ne voudrais en sortir. Je suis guérie, pourtant. J'ai eu un cancer du col pris à temps et à l'approche de la quarantaine (sans enfants) j'ai dû faire bien des choix mais ce n'est pas le sujet.
J'ai tout de suite su que je voulais aider. J'ai contacté une assoc' qui réunit des bénévoles à l'hôpital où j'étais et ils m'ont dit qu'il fallait attendre entre un an et demi et deux ans, d'avoir dépassé l'état émotionnel personnel pour pouvoir aider de façon constructive l'Autre dans ce qu'il traverse.
Celà fera un an et demi en septembre et je me réjouis de toucher du doigt ce qui donnera son sens à ma vie.
J'ai cru trouver plusieurs personnes à l'écoute et je me suis trompée. Qui pourrait comprendre? Qui ne me demande pas de tourner la page? Qui me dit égoïste? Qui semble me comprendre?
Moi non plus je ne pourrai jamais faire marche arrière et je ne le veux pas et n'être pas comprise de ceux qui ne savent pas, j'en fais le deuil. Je suis toujours à la recherche de personnes qui savent de quoi je parle, qui ont connu la terreur, la peur, l'attente, la bienveillance pour les chanceuses du monde médical.
Le cancer a donné un sens à ma vie ou plutôt j'ai donné un sens à ma vie, je l'ai saisi comme une chance ce cancer pour faire de la vie ma vie à moi, la signer.
J'ai foi en ce bénévolat et je rêve de pouvoir trouver le chemin qui me correpondra pour exercer un métier qui me parle. Je n'ai plus envie de gâcher mon temps et mon travail en est l'illustration, pour moi, du moins. J'ai besoin de vrai, d'utile, d'authenticité, d'être là où ça se passe vraiment. J'ai besoin de donner ma main, mon regard à ces femmes. J'ai aussi été bien seule et je veux simplement être là, en toute humilité, pour celles qui auront besoin d'une présence.
Pour l'instant, ce sera tout. Je suis nouvelle, ici et je sais que je me suis inscrite parce que le monde du cancer c'est mon monde. Je me sens bien parmi vous. Nous sommes de la même famille.
Enfin j'ai trouvé résonance à ce mal être que j'ai depuis ma "sortie" de cancer. J'ai essayé de toute mes forces d'oublier, de passer à autre chose, de reprendre ma "vie" d'avant, pendant ces 4 dernières années.
Aujourd'hui enfin, je peux dire que grace à vos divers témoignages, je ne culpabilise plus, en vous lisant j'ai compris ce que je resentai au plus profond de mon être, ce mal de vivre que j'avais tout le temps, et que j'essayais de cacher avec d'énorme difficulté.
J'ai pris conscience que j'avais traversé un "ouragan" et que je ne devais pas le cacher, que je devais vivre avec et profiter des moments présents. Mon entourage proche, REFUS que je parle de mon cancer, ils sont persoidés que je suis définitivement guéri, qu'il ne reviendra jamais, que ce n'est qu'un passage dans ma vie, et que je doit absolument l'oublier. J'ai essayé, mais il fait parti de moi.
Alors aujourd'hui, je l'accepte, et vous ne pouvez pas s'avoir le bien que cela me fait.
Je ne culpabiliserai plus, lorsque je serais très fatiguée, je vais enfin vivre à mon rythme.
Merci encore, grace à vous j'ai ouvert mes yeux, et mon coeur.
bonsoir
eh oui il s'agit bien d'un ouragan. j'ai eu l'impression d'avoir été balayée intérieurement et laissée complètement vidée sur la berge d'une terre qui s'appelle Rémission.
La personne que j'étais avant est morte d'un cancer, la nouvelle doit se construire, à la fois avec la mémoire de l'ancienne et en même temps sans mémoire c'est difficile à expliquer.
Aujoud'hui, le plus important est le moment présent et effectivement de vivre à son rythme qui est plus lent que celui des autres mais c'est comme ça (il faut gérer la fatigue difficile à comprendre pour autrui)
Et puis à quoi bon se précipiter ? cette notion est difficilement acceptable par l'entourage notamment professionnel mais tant pis.
Maintenant je peux rester de longues minutes à regarder le ciel la nature, les couchers de soleil,...
bonne soirée
Peut-être est-il là le secret (ou un des secrets) ? l'acceptation... apprendre à vivre avec, avec ce qui nous est arrivé, avec ce qui nous arrivera peut-être... ou non... accepter pour retrouver un équilibre qui nous est propre.
bonsoir
oui cerOnac : c'est l'un des secrets de cette nouvelle vie
deux phrases qui m'aident à continuer sur ce cap :
quand une douleur est complètement acceptée elle se transforme alors que ce à quoi on résiste persiste.
parfois on ne peut pas changer une situation mais on peut changer notre façon d'y réagir
bonne soirée
Bonsoir .
Je participe , à la lecture des messages de << LA MAISON DU CANCER >> , depuis juillet 2010, et c'est le premier que j'écris .
Ce dont CerOnac a écri , le 1/09/2009 , réponse faite par Catherine le 2/12/2009 , qui écri dès la première ligne << comme ce témoignage me parle >> , et bien, je me permets de reprendre cette même phrase pour moi même .
J'ai passé également cette barrière dont vous parlez , il y a 18 ans , comme c'est loin," mais comme c'est proche " , et repasser de l'autre côté, redevenir la personne d'avant, Non , ce n'est plus possible , c'est vrai ,je ne suis plus la même , comme dit Catherine , trop pour rebrousser chemin .
cette lutte " de courage ", d'un cancer très agressif , traitement très lourd ,des séquelles accompagnent chaque jour de ma vie , pas toujours facile de lutter avec sa propre personne , se faire aider , en consultations de centre de la douleur depuis plusieurs années , mais, se raisonner , et se dire << ou est le choix >> , la réponse ?......./
être encore là , alors que deux amies " de chambre hospitalière " , de galère , ne le sont plus , et voir aussi que l'on peut encore être là , peut-être un exemple de force , pour aider moralement les personnes qui traversent ces moments difficiles .
Oui Catherine , le mot " survivante " , fait parti de notre vie, et nous fait avancer.
Notre prénom et le cancer " ne font plus qu'un " , tout à fait , la nouvelle identité écrite avec de l'encre indélébile.
Je suis tout à fait d'accord avec vous, Catherine , on ne peut plus être comme avant, si il y a reconstruction, elle durera le temps de notre vie ?...
Oui , nous vivons avec ce mot CANCER , et lui, n'est pas facile à se faire oublier .
Une vie de rémission , une page du livre de notre vie , qui restera toujours ouverte ?...
Je parle également d'un cancer du sein .
La vie est au jour le jour , et regarder un oiseau siffler, c'est peu , mais c'est beau ...
merci à vous, merci Catherine ,
Bonne soirée..
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Le Kiosque Info Cancer de Toulouse a pour mission d'accueillir les personnes en souffrance, de les informer, et de développer la recherche en sciences humaines autour du cancer.
















merci de votre témoignage.
pour moi la réponse n'est pas encore aussi claire et votre argumentation entre en résonance avec ce que je ressens. Bien souvent j'en arrive à culpabiliser de ne pas passer à autre chose mais en ce moment je ne peux pas et je ne sais pas si j'en ai envie.J'ai plutôt envie de m'investir dans l'aide ou le témoignage afin que mon experience puisse servir à d'autres.
ce n'est pas facile de trouver un nouveau fonctionnement vis à vis de moi et vis à vis des autres